Brol #24 – 2018

Publié le 4 janvier 2018

Pour les voeux de début d’année, j’ai toujours en tête ceux de Jacques Brel, en 1968, qui souhaitait sur France Inter des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns, d’aimer ou d’oublier (selon les besoins), des rires d’enfants, mais aussi de respecter les différences des autres, et de résister à l’indifférence et à l’enlisement, de ne pas renoncer à l’amour, à l’aventure et à la rude bataille qu’est la vie, puis aussi d’être heureux.

(En vrai, je résume de mémoire, mais en vrai c’est plus beau, plus long et plus subtil que ça bien sûr.)

J’ai aussi toujours en tête les voeux de Neil Gaiman qui datent de 2000 ou 2001 je pense, et qui souhaitait de la douce folie, de lire de bons livres, d’embrasser des gens qui vous trouvent merveilleux, de faire de l’art et de vivre comme nous seuls pouvons vivre.

(En vrai, je résume de nouveau de mémoire, mais en vrai c’est bien mieux ! Déjà parce que de base c’est en anglais, c’est plus musical, plus doux et à nouveau bien plus subtil.)

Il y a aussi cet extrait de Par les villages, de Peter Handke, dont certains passages résonnent un peu comme des mantras et pourraient être des souhaits à formuler également, à soi-même comme aux autres, au début des années nouvelles : éviter les arrières-pensées, ne rien taire, être doux et fort, être ébranlable. Prendre soin de l’espace et des autres, ne décider qu’enthousiasmé, écouter avec tranquillité, faire des détours, prendre le temps, se laisser distraire, donner des forces aux inconnus, dédaigner le malheur, apaiser le conflit de son rire.

(En vrai, je résume de nouveau, pas tout à fait de mémoire puisque l’extrait en question est affiché dans mon salon et que je peux presque le lire de là où j’écris – et que je me suis même levée deux fois de mon gros canap’ tout chaud pour aller vérifier que je racontais pas tout à fait n’importe quoi).

Il y a de nombreuses choses que l’on peut souhaiter aux gens qu’on aime et qui traversent les années – et qu’on ne devrait d’ailleurs pas souhaiter qu’à l’heure du passage à l’année nouvelle. On pourrait peut-être, parfois, souhaiter comme ça, quelque chose de joli ou de doux à quelqu’un qu’on aime. Et le lui envoyer. Juste comme ça. J’essaierai de le faire cette année, tiens.

Mais cette tradition de ces voeux de début d’année, de cette nécessité de formuler le meilleur pour le renouveau qui se dessine, limite je voudrais être contre et trouver ça trop conformiste, mais en fait je trouve ça plutôt chouette. Ca permet aussi de se poser, de faire le bilan, de se questionner sur la suite, de conscientiser ce dont on a envie ou besoin.

L’année passée, mes petits voeux, c’était aussi des voeux que je pourrais aussi souhaiter à tous et à chacun à chaque année nouvelle, dont je pense encore aujourd’hui chacun des mots : « Qu’il y ait de la beauté, de l’amitié, de l’amour, de l’inspiration, des échanges, de l’humanité, de la folie, de la douceur, de la musique, du mouvement, de la lumière dans chacune de vos journées. Et le reste ! Je vous souhaite de faire et d’être ce qui vous rend heureux. Belle année mes amis. »

J’avais fait une petite vidéo, j’avais filmé la neige qui tombait doucement sur le paysage qui défilait par la fenêtre du train qui me ramenait à Bruxelles. Je me souviens, je revenais de chez mes amis Chachou et Alex, j’avais une belle gueule de bois et la nostalgie de la nuit que je venais de passer, peut-être mêlée à un peu de tristesse de n’avoir pas pu en prolonger la folie et la douceur. J’écoutais « Que Sera » de Wax Tailor. J’avais été obligée d’apprendre le lâcher-prise dans les mois précédents et je savais qu’il fallait que je continue en ce sens – whatever will be, will be pour 2017.

Et voilà, 2017 est terminée. Pour le lâcher-prise, ça a bien marché, et franchement, ça fait du bien. Un apprentissage un peu douloureux, mais ô combien nécessaire. Apprendre fait peut-être toujours un peu mal, finalement ? L’apaisement vient ensuite et est d’autant plus savoureux.

Sinon, en 2017, je n’ai toujours pas arrêté de fumer, (et je n’ai toujours pas passé mon permis). C’était peut-être un tout petit peu démesurément ambitieux de vouloir arrêter la viande, la clope et l’alcool en une seule fois, ahah. On va dire que la viande c’était déjà bien.

2018, maintenant. Et je me souviens d’une autre version des voeux de Neil Gaiman (encore lui ! oui mais bon il fait toujours des chouettes voeux c’est pas ma faute!), où il était question de joie, de courage et d’erreurs.

Pour 2018, c’est ça que je souhaite. A moi et à vous, bien sûr, mais à moi d’abord, en fait. Le courage de n’avoir pas peur de faire des erreurs. Le courage d’accepter d’éventuellement se planter. Le courage de n’être pas paralysée par la crainte de me tromper ou de ne pas faire aussi bien que je le souhaiterais. Le courage somme toute assez basique mais tellement nécessaire de me sortir un peu les doigts du cul.

Voilà, je vous le souhaite aussi : en 2018, sortez-vous les doigts du cul ! Je suis une poète, je sais.

Je vous embrasse,

Juliette

PS : 2018 a commencé avec de la fête, de l’amitié, de la mer et de l’amour.
Du coup j’en veux encore plein pour la suite.